topologie-algebriqueSep 19, 2026

Formule de Lefschetz : diagonale, graphe d’une application et dualité de Poincaré

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idriss-bado
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Soit MM une variété compacte orientée de dimension nn et soit

f:M⟶Mf:M\longrightarrow M

une application différentiable.

On note

Δ={(x,x) ; x∈M}\Delta=\{(x,x)\,;\,x\in M\}

la diagonale de M×MM\times M, et

Γ={(x,f(x)) ; x∈M}\Gamma=\{(x,f(x))\,;\,x\in M\}

le graphe de ff.

On note également

π:M×M⟶M,π(x,y)=x,\pi:M\times M\longrightarrow M, \qquad \pi(x,y)=x,

la projection sur le premier facteur, et

ρ:M×M⟶M,ρ(x,y)=y,\rho:M\times M\longrightarrow M, \qquad \rho(x,y)=y,

la projection sur le second facteur.

L'objectif de l'exercice est de relier l'intersection de Δ\Delta et Γ\Gamma aux points fixes de ff, puis d'exprimer cette intersection en termes cohomologiques afin d'obtenir la formule de Lefschetz.


1. Diagonale, graphe et points fixes

Montrer que Δ\Delta et Γ\Gamma sont des sous-variétés compactes orientées de M×MM\times M et préciser leur dimension.

Soit

p∈Δ∩Γ.p\in\Delta\cap\Gamma.

Donner une condition portant sur

det⁡(dpf−Id⁡)\det(d_pf-\operatorname{Id})

pour que Δ\Delta et Γ\Gamma se coupent transversalement en pp.

Montrer que si

Δ⋔Γ,\Delta\pitchfork\Gamma,

alors l'ensemble des points fixes

Fix⁡(f)={x∈M ; f(x)=x}\operatorname{Fix}(f) = \{x\in M\,;\,f(x)=x\}

est fini.


2. Dual de Poincaré de la diagonale

Montrer qu'il existe une unique classe

ω∈Hn(M×M)\omega\in H^n(M\times M)

telle que, pour toute classe

η∈Hn(M×M),\eta\in H^n(M\times M),

on ait

∫Δη=∫M×Mη∧ω.\int_{\Delta}\eta = \int_{M\times M}\eta\wedge\omega.

La classe ω\omega est appelée le dual de Poincaré de Δ\Delta et est notée

PD(Δ).PD(\Delta).

De même, on note

PD(Γ)∈Hn(M×M)PD(\Gamma)\in H^n(M\times M)

le dual de Poincaré du graphe Γ\Gamma.

Pour chaque i=0,…,ni=0,\ldots,n, on fixe une base

{ω1i,…,ωnii}\{\omega_1^i,\ldots,\omega_{n_i}^i\}

de Hi(M)H^i(M), où

ni=dim⁡Hi(M).n_i=\dim H^i(M).

3. Bases duales pour l'accouplement de Poincaré

Montrer que, pour chaque i=0,…,ni=0,\ldots,n, il existe une base

{τ1n−i,…,τnin−i}\{\tau_1^{n-i},\ldots,\tau_{n_i}^{n-i}\}

de Hn−i(M)H^{n-i}(M) telle que

∫Mωki∧τln−i=δkl,\int_M \omega_k^i\wedge\tau_l^{n-i} = \delta_{kl},

où

δkl={1si k=l,0si k≠l.\delta_{kl} = \begin{cases} 1 & \text{si }k=l,\\ 0 & \text{si }k\neq l. \end{cases}

4. Décomposition des duaux de Poincaré

À l'aide de la formule de Künneth, montrer qu'il existe des réels cik,lc_i^{k,l} et dik,ld_i^{k,l} tels que

PD(Δ)=∑i=0n∑k,lcik,l π∗ωki∧ρ∗τln−i,PD(\Delta) = \sum_{i=0}^{n} \sum_{k,l} c_i^{k,l}\, \pi^*\omega_k^i \wedge \rho^*\tau_l^{n-i},

et

PD(Γ)=∑i=0n∑k,ldik,l π∗ωki∧ρ∗τln−i.PD(\Gamma) = \sum_{i=0}^{n} \sum_{k,l} d_i^{k,l}\, \pi^*\omega_k^i \wedge \rho^*\tau_l^{n-i}.

Déterminer ensuite explicitement les coefficients cik,lc_i^{k,l} et dik,ld_i^{k,l}.


5. Calcul des coefficients de PD(Δ)PD(\Delta)

Montrer que

∫Δπ∗τrn−j∧ρ∗ωsj=∫Mτrn−j∧ωsj.\int_{\Delta} \pi^*\tau_r^{n-j} \wedge \rho^*\omega_s^j = \int_M \tau_r^{n-j}\wedge\omega_s^j.

En déduire une expression de

∫Δπ∗τrn−j∧ρ∗ωsj\int_{\Delta} \pi^*\tau_r^{n-j} \wedge \rho^*\omega_s^j

en fonction de δrs\delta_{rs}.

En utilisant ensuite la définition du dual de Poincaré,

∫Δπ∗τrn−j∧ρ∗ωsj=∫M×Mπ∗τrn−j∧ρ∗ωsj∧PD(Δ),\int_{\Delta} \pi^*\tau_r^{n-j} \wedge \rho^*\omega_s^j = \int_{M\times M} \pi^*\tau_r^{n-j} \wedge \rho^*\omega_s^j \wedge PD(\Delta),

exprimer le membre de droite en fonction des coefficients cjr,sc_j^{r,s}.

En déduire la valeur des coefficients cjr,sc_j^{r,s}.


6. Calcul des coefficients de PD(Γ)PD(\Gamma)

Montrer que

∫Γπ∗τrn−j∧ρ∗ωsj=∫Mτrn−j∧f∗ωsj.\int_{\Gamma} \pi^*\tau_r^{n-j} \wedge \rho^*\omega_s^j = \int_M \tau_r^{n-j}\wedge f^*\omega_s^j.

Notons

Aj=(Ajr,s)A_j=(A_j^{r,s})

la matrice de l'application linéaire induite en cohomologie

f∗:Hj(M)⟶Hj(M)f^*:H^j(M)\longrightarrow H^j(M)

dans la base choisie.

Exprimer

∫Γπ∗τrn−j∧ρ∗ωsj\int_{\Gamma} \pi^*\tau_r^{n-j} \wedge \rho^*\omega_s^j

en fonction des coefficients Ajr,sA_j^{r,s}.

En utilisant la définition de PD(Γ)PD(\Gamma), exprimer également cette intégrale en fonction des coefficients djr,sd_j^{r,s}.

En déduire les coefficients djr,sd_j^{r,s} en fonction des coefficients de la matrice de f∗f^*.


7. Formule de Lefschetz

Déduire des questions précédentes que

∫ΔPD(Γ)=∑i=0n(−1)itr⁡(f∗∣Hi(M)).\boxed{ \int_{\Delta}PD(\Gamma) = \sum_{i=0}^{n} (-1)^i \operatorname{tr} \left( f^*|_{H^i(M)} \right) }.

La quantité

L(f)=∑i=0n(−1)itr⁡(f∗∣Hi(M))L(f) = \sum_{i=0}^{n} (-1)^i \operatorname{tr} \left( f^*|_{H^i(M)} \right)

est appelée le nombre de Lefschetz de ff.


8. Application aux points fixes

Supposons maintenant que ff n'ait aucun point fixe.

Calculer

∑i=0n(−1)itr⁡(f∗∣Hi(M)).\sum_{i=0}^{n} (-1)^i \operatorname{tr} \left( f^*|_{H^i(M)} \right).

En déduire la contraposée classique du théorème de Lefschetz :

L(f)≠0⟹f posseˋde au moins un point fixe.\boxed{ L(f)\neq 0 \quad\Longrightarrow\quad f\text{ possède au moins un point fixe}. }

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