Exercice --- Forme symplectique et champ hamiltonien
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idriss-bado
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Exercice — Forme symplectique et champ hamiltonien
Soit M une variété différentielle munie d'une 2-forme différentielle
ω∈Ω2(M)
non dégénérée, c'est-à-dire que, pour tout x∈M, l'application
ωx:TxM⟶Tx∗M,u⟼ωx(u,⋅)
est un isomorphisme.
1. Champ hamiltonien
Soit f:M→R une application de classe C∞.
Montrer qu'il existe un unique champ de vecteurs Xf de classe
C∞ sur M tel que
ιXfω=−df.
Montrer ensuite que f est constante le long des courbes intégrales
de Xf.
2. Cas de l'espace symplectique standard
On considère
M=Rn×Rn
muni des coordonnées
(x1,…,xn,y1,…,yn)
et de la 2-forme
ω=i=1∑ndxi∧dyi.
(a) Montrer que ω est non dégénérée.
(b) Déterminer une 1-forme différentielle θ telle que
dθ=ω.
(c) Déterminer le champ Xf associé à la fonction
f(x1,…,xn,y1,…,yn)=21i=1∑n(xi2+yi2).
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idriss-bado
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Sep 19, 2026
Solution
1. Existence et unicité du champ hamiltonien
Soit x∈M. Puisque la 2-forme ω est non dégénérée, l'application
ωx:TxM⟶Tx∗M,u⟼ωx(u,⋅)
est un isomorphisme.
Or,
dfx∈Tx∗M.
Il existe donc un unique vecteur Xf(x)∈TxM tel que
ωx(Xf(x))=−dfx.
Autrement dit, pour tout v∈TxM,
ωx(Xf(x),v)=−dfx(v).
On obtient ainsi
ιXfω=−df.
Plus explicitement,
Xf(x)=−ωx−1(dfx).
Comme ω et df dépendent de façon lisse de x, et que l'inverse
d'une famille lisse d'isomorphismes dépend lui aussi de façon lisse du point,
Xf est un champ de vecteurs de classe C∞.
Ainsi, il existe un unique champ de vecteurs lisse Xf vérifiant
ιXfω=−df.
Conservation de f le long des courbes intégrales
Soit
γ:I⟶M
une courbe intégrale de Xf. Par définition,
γ˙(t)=Xf(γ(t)).
Par la règle de dérivation en chaîne,
dtdf(γ(t))=dfγ(t)(γ˙(t)).
Comme γ est une courbe intégrale,
dtdf(γ(t))=dfγ(t)(Xf(γ(t))).
Or,
ιXfω=−df
implique
df(Xf)=−ω(Xf,Xf).
Puisque ω est une 2-forme, elle est antisymétrique. Par conséquent,
ω(Xf,Xf)=−ω(Xf,Xf),
donc
ω(Xf,Xf)=0.
Il vient alors
dtdf(γ(t))=0.
Ainsi,
f(γ(t))=constante.
La fonction f est donc constante le long des courbes intégrales de son
champ hamiltonien.
2. Cas de l'espace symplectique standard
On considère
M=Rn×Rn
muni des coordonnées
(x1,…,xn,y1,…,yn)
et de la forme
ω=i=1∑ndxi∧dyi.
(a) Non-dégénérescence de ω
Soit v∈TpM. Écrivons
v=i=1∑n(ai∂xi∂+bi∂yi∂).
Pour chaque i,
ιv(dxi∧dyi)=dxi(v)dyi−dyi(v)dxi.
Or,
dxi(v)=ai,dyi(v)=bi.
Donc
ιv(dxi∧dyi)=aidyi−bidxi.
En sommant sur i, on obtient
ιvω=i=1∑n(aidyi−bidxi).
Supposons maintenant que
ιvω=0.
Comme les formes
dx1,…,dxn,dy1,…,dyn
sont linéairement indépendantes, on a nécessairement
ai=bi=0pour tout i.
Ainsi,
v=0.
Donc,
ker(v⟼ιvω)={0}.
L'application
TpM⟶Tp∗M,v⟼ιvω
est injective. Les deux espaces ayant la même dimension 2n, elle est
bijective.
Par conséquent,
ω est non deˊgeˊneˊreˊe.
(b) Détermination d'une primitive de ω
Nous cherchons une 1-forme θ telle que
dθ=ω.
Prenons
θ=i=1∑nxidyi.
Alors,
dθ=i=1∑nd(xidyi).
La formule de Leibniz donne
d(xidyi)=dxi∧dyi+xid(dyi).
Or,
d(dyi)=d2yi=0.
Donc,
d(xidyi)=dxi∧dyi.
Finalement,
dθ=i=1∑ndxi∧dyi=ω.
Ainsi,
θ=i=1∑nxidyi
est une primitive de ω.
(c) Calcul du champ hamiltonien Xf
Considérons
f(x1,…,xn,y1,…,yn)=21i=1∑n(xi2+yi2).
Sa différentielle est
df=i=1∑n(xidxi+yidyi).
Écrivons
Xf=i=1∑n(Ai∂xi∂+Bi∂yi∂).
D'après le calcul précédent,
ιXfω=i=1∑n(Aidyi−Bidxi).
La convention de l'énoncé est
ιXfω=−df.
Par conséquent,
i=1∑n(Aidyi−Bidxi)=−i=1∑n(xidxi+yidyi).
En identifiant les coefficients devant dxi,
−Bi=−xi,
donc
Bi=xi.
En identifiant les coefficients devant dyi,
Ai=−yi.
Ainsi,
Xf=i=1∑n(−yi∂xi∂+xi∂yi∂).
Interprétation des courbes intégrales
Les équations des courbes intégrales sont
x˙i=−yi,y˙i=xi.
En dérivant,
x¨i=−y˙i=−xi
et
y¨i=x˙i=−yi.
Ainsi,
x¨i+xi=0,y¨i+yi=0.
Chaque couple (xi,yi) décrit donc un mouvement de rotation.
On retrouve également directement la conservation de f :